Sylvie Mayer
coordinatrice avec Jean-Pierre Caldier du Guide de l’économie équitable (*).
Extraits d'une tribune publiée dans le journal l'Humanité.
Deux exemples d’échange équitable à suivre
Peut-on imaginer un mode d’échange équitable, non plus entre paysans du Sud et consommateurs du Nord, mais à l’intérieur d’un pays ou d’un continent ?
Deux exemples en Amérique latine nous prouvent que oui.
…Les producteurs Mexicains ont créé en 2001 un label mexicain, Comercio Justo Mexico, cherchant à rapprocher producteurs et consommateurs nationaux, avec son propre système de
normes et de certification. Une entreprise intégrée, propriété des petits producteurs, assure la commercialisation des produits. Ils ont aussi créé une marque collective, Nuestro Maiz, qui
alimente un réseau de tortilleras franchisées (équivalent de nos boulangeries). Le stade de la transformation est intégré au commerce équitable, et les marques collectives sont certifiées et
contrôlées par des conseils de régulation qui impliquent tous les acteurs de la filière, dans une démarche participative.
Au Venezuela, il existe une coopérative de producteurs et de consommateurs, AFINCO, dont la philosophie est « ni donner ou pêcher un poisson, ni apprendre ou enseigner à
pêcher, mais pêcher ensemble ».
Cette coopérative ….décide des types de production, des quantités, des prix.
Les paysans décident qui produit quoi et chaque semaine une vente est
organisée dans plusieurs villes du pays, avec un prix unique quel que soit le produit. La quantité des achats est fonction des récoltes et de la taille de la famille. Les sociétaires occupent à
tour de rôle tous les postes de travail et de responsabilité. Tout ce qui est produit est consommé : pas de gaspillage, les frais sont limités.
Discipline
collective, polyvalence de tous, responsabilité partagée permettent le succès durable de cette coopérative originale.
Ce système ressemble à
celui de nos AMAP, Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne, partenariats directs producteurs-consommateurs qui concernent plus de 35 000 familles françaises et, en Asie, un
million de Japonais. Chez nous aussi des agriculteurs organisent des circuits courts, sans passer sous les fourches caudines des grossistes et de la grande distribution, voire de leurs
coopératives qui en prospérant ont parfois oublié les quatre principes fondamentaux de la coopération…
Pour poursuivre la réflexion, "les communistes et le commerce équitable" : http://www.pcf.fr/spip.php?rubrique112
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