Toujours, sur le même sujet, l'article publié vendredi dans l'Humanité nous permetde constater que la promesse présidentielle de faire de l'interressement un moteur de la croissance du pouvoir d'achat peut trouver une traduction en acte, originale, nous en ririons si ce n'était si tragique :
Le ministère de l’intérieur l’a confirmé mardi. Les policiers escortant les immigrés en situation irrégulière lors de rapatriement par avion bénéficient de « miles », ces points accordés par les compagnies aériennes à leurs clients fidèles. Même si le ministère précise que ce système « n’est pas illégal », il soulève pour le moins un problème éthique. Les policiers chargés des reconduites à la frontière font partie de l’UNESI (unité nationale d’escorte, de soutien et d’intervention), une section spéciale de la police nationale. Ils sont au service de l’État et appliquent les directives à la fois du ministère de l’Intérieur et du ministère de l’Immigration, mais les points de fidélité ce sont bien eux qui les perçoivent. L’exécution de la politique migration du ministre Brice Hortefeux permet donc à ces policiers un peu spéciaux de collecter des points qu’ils pourront par la suite utiliser pour des voyages personnels. Ce serait caricaturer que de dire que plus les objectifs gouvernementaux d’expulsion augmentent, plus les points de fidélité des policiers s’accumulent. Mais soulignons que les cris et les pleurs des immigrés ont des conséquences positives pour certains policiers.
Ces derniers sont volontaires. Ils intègrent l’UNESI de leur plein gré mais ils n’y restent pas plus de trois à cinq ans. En effet, les enceintes aéroportuaires font partie de leur paysage quotidien, ils peuvent passer plus de 12 heures sur un vol et repartir quelques heures plus tard. Et les pauses dans tout ça ? « Les moments de pause ne sont pas prévus dans la réglementation aérienne », précise Yannick Danio, responsable syndical de l’UNSA. « Les conditions de travail sont particulièrement rudes car on doit gérer de l’humain. ». Mais pour ce syndiqué, les avantages en nature que perçoivent les agents de l’UNESI sont un non-problème. Il n’assimile pas les conditions difficiles des reconduites à la frontière avec les points fidélité accordés. Selon lui « ce système est le même pour les policiers, les instituteurs ou les journalistes ». Les policiers reçoivent donc les mêmes avantages que les instituteurs en déplacement à ceci près que les cours de maths sont remplacés par les menottes.
Mathilde Hamet
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